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Jeudi 15/6, 20h40, Plitvicka Jezera (Croatie), 1687 km
Des chutes (I)
samedi 8 juillet 2006, par
Nos plans sont un peu bouleversés. Nous pensions embarquer sur un ferry à partir de Mali Losinj jusqu’à Zadar, mais il n’y en a pas aujourd’hui ... Nous sommes donc coincés sur notre île. Il n’y a que deux possibilités d’en sortir, mais dans les deux cas nous devons refaire toute la route de hier en sens inverse : repartir par là où nous sommes entrés (et donc retourner en Istrie) ou prendre le ferry qui assure la liaison avec l’île de Krk. Nous optons pour cette dernière.
Le ferry est donné pour partir à 11h10. Quittant le camping à l’autre bout de l’autre île à 10h45, les choses semblent d’emblée compromises ... En effet, à l’heure prévue du départ du bateau, nous sommes encore à une trentaine de kilomètres de l’embarcadère. Le suivant partira à 12h30 ; cela nous laisse le temps d’aller faire le plein de carburant dans la ville de Cres (11h45, km 1485). Bon, nous reprenons le chemin du port de Merag, où nous arrivons vers midi. Au kiosque de vente des billets, l’employé a l’air bien pressé : en effet, le bateau est sur le point de partir ! Nous embarquons de justesse, et nous ne saurons jamais si c’était le ferry de 11h10 qui était en retard ou celui de 12h30 qui était en avance ...
Nous débarquons sur Krk une demi-heure plus tard, et nous ne nous attardons pas : traversée de l’île puis retour sur le continent par le pont de liaison. Surprise : aujourd’hui c’est gratuit ! La barrière est ouverte et nous passons sans encombre. Nous descendons la route côtière jusqu’à Senj, où nous bifurquons vers l’ouest. Il est 14h20 et les filles s’impatientent : c’est dans un concert de pleurs et de cris que nous nous arrêtons une heure pour pique-niquer quelque part entre le col de Vratnik et la ville d’Otocak. C’est aussi sur cette route que l’on remarque plusieurs maisons en ruines, avec des traces d’impacts de balles. A chaque aire de stationnement, des personnes vendent du miel et des fromages, toujours les mêmes semble-t-il, avec une croûte dont la teinte varie du jaune paille au brun fumé. Ces gens qui vendent la même marchandise n’ont pas l’air d’avoir beaucoup de clients ; peuvent-ils vivre de leur commerce ?
Nous arrivons aux Lacs de Plitvice (entrée n°2, les lacs supérieurs), notre destination, un peu avant 17h. L’entrée pour le parc national coûte 85 kn, mais seulement 15 kn de plus pour un billet valable 2 jours. L’hôtesse de l’accueil nous assure que, malgré l’heure déjà avancée, il est encore possible de faire un parcours (soit de 45 minutes, soit d’1h30) : les bus du parc circulent jusqu’à 19h, et les bateaux jusqu’à 20h. En outre, il paraît que l’usage d’une poussette n’est pas impossible. Nous optons donc pour un billet de deux jours, et commençons tout de suite la visite : Morgane dans le buggy, et Maïlys à pied.
Le premier obstacle est le pont enjambant la nationale qui sépare le parking du parc proprement dit. Bon, il faut se résoudre à porter la poussette. Nous pénétrons dans le parc, et une longue route en descente nous mène à la station n°2. Sur la recommandation de l’hôtesse, nous prenons le bus jusqu’à la station n°4. En fait de bus, il s’agit plutôt d’un camion tracteur suivi d’une sorte de wagons : cet attelage est plus approprié à l’étroite route sinueuse qui parcourt le parc. Arrivés à destination, nous commençons la promenade. Des chemins en rondins de bois plus ou moins égalisés nous permettent de circuler (relativement facilement, même avec la poussette - Morgane est cependant bien secouée mais semble s’en accomoder) au ras de l’eau, et au plus près des chutes et cascades qui font la renommée du parc. Comme la fin de la journée est proche, et que nous sommes plus ou moins hors saison, il n’y a pas beaucoup de monde et nous pouvons à loisir profiter de l’atmosphère des lieux. A loisir, peut-être pas tant que ça, parce que, selon l’estimation, nous n’avons qu’une demi-heure de marge par rapport à la fin de service des bateaux, et donc nous ne pouvons pas trop traîner.
Le parcours est néanmoins superbe ; Maïlys marche une partie du trajet, et nous nous relayons pour la porter dans les portions plus difficiles. La poussette, quant à elle, passe plus ou moins partout, mais un modèle plus "tout-terrain" (en tout cas avec de plus grandes roues) serait davantage approprié. Nous arrivons au point P2 vers 19h30, après une excellente promenade, pas peu fiers d’avoir effectué le parcours dans les temps, malgré nos deux adorables "handicaps" ! Une courte traversée en bateau nous ramène à notre point de départ et achève agréablement la randonnée. Cependant, le plus dur reste à venir : remonter la route et les marches jusqu’au parking ... Cela se révèle bien plus pénible que tout le reste du trajet ! Il est 20h20 lorsque nous rejoignons notre véhicule, bien essorés.
Il est maintant temps de nous mettre en quête de notre logement de ce soir. Le choix n’est pas cornélien : il n’y a qu’un seul camping dans les environs immédiats du parc : l’AutoCamp Korana, magnifiquement situé près de la rivière du même nom, en aval des lacs de Plitvice. Nous y arrivons peu avant 21h, fatigués mais contents de notre journée. Un bon repas rapidement cuisiné dans le camping-car, et puis un bon repos afin d’être en forme pour attaquer la deuxième partie de la visite du parc national : les lacs inférieurs.
Messages
1. Des chutes (I), 28 octobre 2006, 01:34, par Dominique
Bonjour,
Votre récit est vraiment passionnant pour nous qui comptons visiter la Croatie en voiture l’été prochain. Pouvez-vous nous renseigner sur le Camping Korana. J’ai cru comprendre qu’il y avait des bungalows. Pouvez-vous nous le confirmer.