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Jeudi 22/6, 17h00, Simuni, sur l’île de Pag (Croatie), 2680 km

Pas de quoi en faire tout un fromage !

dimanche 9 juillet 2006, par Benoît

La nuit est courte : nous sommes tirés de notre léger sommeil avant que le réveille sonne par l’agitation qui règne à nouveau sur le port : une nouvelle cargaison pour le ferry. Le soleil est déjà levé ; les filles dorment encore ; un café me réveille. Nous mettons le camping-car dans la ligne d’embarquement adéquate. Le ferry arrive vers 6h et nous montons à bord ; c’est un gros bateau, il est presque vide. Nous réveillons les filles et nous les préparons pour 3 heures de traversée ; lorsque nous montons sur le pont, le port est déjà loin.

Le bateau louvoie entre les îles : Vis à gauche, Hvar puis Brac à droite. Maïlys parcourt le bateau. Un roquet aux glapissements insupportables, mal contrôlé par sa stupide maîtresse, diminue le plaisir de la traversée : nous changeons de place. Split est enfin en vue, grand port juste devant la ville. Nous regagnons le camping-car et quittons le bateau. Je me trompe à la sortie du port, et manque de réembarquer sur un autre bateau !

Dans la ville, un parking payant nous accueille (km 2451). Nous sommes partis tôt : il n’est que 10h, l’heure à laquelle habituellement nous prenons le petit-déjeûner, lorsque nous entrons dans la vieille ville de Split, accueillis par un énorme saint Benoît dont le pied, régulièrement frotté par les fidèles ou les superstitieux, luit au fort soleil de midi.

Le coeur de la ville est en fait l’ancien palais de l’empereur romain Dioclétien. Ici, suivant les aléas de l’histoire, différentes époques se succèdent. Non : se superposent. Partant du nord, nous longeons le côté ouest de la vieille ville, dans laquelle nous pénétrons en montant les escaliers qui achèvent la sous-structure du palais. Nous débouchons sur le Péristyle, et c’est une sorte d’éblouissement dû à l’accumulation d’hétéroclite : colonnes, chapiteaux, emblèmes, frises, sculptures, décorations, statues, hauts et bas-reliefs, ... Incidemment, nous profitons un peu des explications fournies par les guides francophones de quelques groupes de touristes. A l’ombre de colonnes aux chapiteaux historiés, sur la terrasse d’un café, nous nous rafraîchissons. Maïlys s’amuse, tandis que Morgane séduit notre voisine de table. Nous déambulons dans les antiques ruelles dont les palais s’offrent à notre regard.

Nous achevons notre visite d’un quart d’excellente pizza sur le pouce, avant de rejoindre précipitamment notre camping-car (l’heure du parking tourne !). Il est 13h30 lorsque nous démarrons. L’autoroute d’abord, jusqu’à Sibenik où nous faisons le plein (14h30, km 2540, 73,64l) à quelques encâblures de l’endroit où nous avions fait nos courses une semaine plus tôt, puis la belle route nationale qui longe la côte. Nous traversons Zadar (de sinistre mémoire), puis le pont qui relie le continent à l’île de Pag. Celle-ci est un peu à part dans l’ensemble des îles croates : c’est presque le désert ! Le sol est caillouteux, la pierre est blanche, au fond d’une vallée s’étendent des marais salants qui offrent un aspect géométrique de miroirs.

Nous faisons une halte dans la ville de Pag. Il est 17h (km 2666) et ... la chaleur nous cloue sur place lorsque nous sortons du camping-car. Le soleil tape dur, mais nous décidons d’aller quand même nous promener un peu. La ville est bizarrement répartie des deux côtés de la vallée que plusieurs ponts relient. La vieille ville en occupe le versant nord. Ici aussi, la pierre est claire et très lumineuse. Peu de monde dehors par cette chaleur. Quelques vieilles habillées de noir et à la coiffure traditionnelle sont assises au coin des maisons. Certaines proposent à la vente le fruit de leur travail de dentellière dont, paraît-il, la renommée n’est plus à faire. Personnellement, je trouve que la finesse de la dentelle de Pag est bien en-deçà de celle de Bruges ou de Bruxelles, mais je ne suis pas spécialiste.

La visite de la cathédrale nous rafraîchit quelque peu. Maïlys a cependant la bonne idée de tester la résistance de sa peau au feu en mettant son doigt dans la flamme d’une bougie : réflexion faite, cette résistance n’est pas très élevée. Sur la place, quelques personnes sont attablées à la terrasse ombragée de cafés dont un téléviseur diffuse les matches de la Coupe du Monde. La vie semble aller son train, lentement. Je me demande s’il y a ici beaucoup plus de monde en haute saison ?

Nous ne sommes pas encore à notre logement de ce soir. Il n’y a qu’un seul camping sur l’île, mais immense, et il se trouve à Simuni, où nous arrivons vers 19h, une heure après avoir quitté la ville de Pag. Une aimable employée indique à Thi-Thanh les emplacements disponibles et nous partons à leur exploration. Le camp est réellement immense, mais une bonne partie est en travaux. Nous sommes mal embarqués dans une étroite allée avec notre gros véhicule. Un Autrichien nous aide ... ouf, ça passe à quelques centimètres à gauche, à droit et en haut ...

Ensuite, une petite promenade au bord de la mer, maintenant qu’il fait moins chaud. En rentrant, il y a de la musique live dans un restaurant : un type qui gratte sa guitare, plutôt bien. Mais on veut se rafraîchir avant de manger. Thi-Thanh s’occupe de Morgane, et j’embarque Maïlys de mon côté. Les sanitaires ne sont pas très propres : mégots, salissures, ... J’avise une employée chargée de l’entretien, mais elle refuse de nettoyer les douches des hommes tant qu’il y a des usagers, et je ne suis pas le seul. Tant pis, on fera attention où poser ses pieds ...

Quand nous revenons au resto, la musique live qui était bien agréable a fait place à ... du karaoké ! Bon, il faut s’en accomoder. Nous commandons une assiette de hors-d’oeuvre locaux et goûtons au fameux fromage de Pag ... fameux ? Hum ... Le jambon, en revanche (le Prsut), est excellent. Des calamars et des grillades de viande suivent. Dans le restaurant, l’ambiance chute brutalement lorsque la Croatie se fait éliminer de la Coupe du Monde ...

La nuit est close lorsque nous marchons pour rejoindre notre logis. Voilà que Maïlys nous apprend qu’elle a peur des étoiles, quelle drôle d’idée !