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Mardi 20/6, 17h00, ville de Korcula, sur l’île de Korcula (Croatie), 2345 km

V’là l’bon vent

samedi 8 juillet 2006, par Benoît

Le matin, je complète le journal de notre aventure. Nous faisons la vidange et le plein d’eau, juste en face de la réception du camping, que nous quittons ensuite vers midi. Ironie : quelque cent mètres plus loin que le mini-market d’hier se trouve un grand supermarché ... Nous en profitons pour regarnir le frigo. Celui-ci clignote rouge : il semble que nous n’ayons plus de gaz. Il faut procéder au changement de bouteille. C’est dans la fournaise sur le parking du supermarché que nous effectuons l’opération, pendant une bonne vingtaine de minutes. Heureusement que Thi-Thanh a la méthode adéquate pour desserrer les molettes récalcitrantes !

Il est 13h30. Dans le sens inverse, nous reparcourons la route de Dubrovnik, qui longe la côte adriatique, mais au bout d’une heure et une soixantaine de kilomètres, nous obliquons vers Ston afin de traverser la péninsule de Peljesac. La route est bordée de vignes et d’oliviers. Dans une village, une vieille nonne a l’air de s’enfuir à notre approche, puis nous fait de grands signes lorsque nous passons à sa hauteur. Je comprends, mais trop tard, qu’elle souhaite en fait probablement monter à bord !

Nous arrivons à Orebic vers 15h30. Nous souhaitons prendre le ferry à destination de l’île de Korcula. Apparemment, celui-ci vient de partir ... Mais la liaison est fréquente et d’après les personnes sur le port, la rotation suivante devrait survenir dans l’heure. Nous en profitons pour casser la croûte. C’est la première fois qu’il y a autant de vent depuis que nous sommes en Croatie. C’est le Maestral qui souffle et, contrairement à l’habitude que nous avons de voir naviguer les voiliers au moteur, aujourd’hui ils prennent franchement de la gîte.

Effectivement, une heure plus tard le ferry entre à nouveau dans la rade. C’est un petit bateau et, sur une indication un peu approximative d’un membre du personnel de bord, je manque de justesse de frotter le rétroviseur gauche contre la carlingue. Il y a peu d’espace pour sortir du camping-car, et aussi pour se mouvoir sur le bateau. Cependant, Maïlys est trop contente d’être à bord que pour rester à l’intérieur ! Nous sortons donc le temps de la courte traversée (20 minutes). Nous sommes maintenant sur l’île de Korcula, connue pour son vin, son huile d’olive et ... ses 3000 heures de soleil par an !

Il y a un camping tout près du port des ferries, à 3 km du centre-ville de Korcula, mais nous décidons de faire d’abord un petit tour sur l’île. En premier lieu le sud-est, avec Lumbarda, petit port paisible ; ensuite le "nord" (si l’on peut dire pour une île toute plate), vers Racisce, très jolie au fond de sa baie fermée par des collines en forme de fer à cheval. La route est à nouveau bordée d’oliviers, entourés parfois individuellement de murets en pierre sèche dont je serais curieux de connaître l’utilité. Sur cette route, il y a également un petit camping, mais nous ne parvenons pas à communiquer avec le propriétaire des lieux afin de savoir si l’on peut se rendre de chez lui jusqu’à la vieille ville de Korcula par bateau.

Finalement, nous retournons à notre point de départ : le camping proche de la ville et du port des ferries, l’AutoCamp Kalac. Les allées et les emplacements y sont très étroits ; nous avons du mal à manoeuvrer avec le camping-car. Plusieurs fois des branches frottent contre la carrosserie. Lorsque nous nous arrêtons enfin, un type au ton agressif nous somme d’aller déposer nos passeports à la réception ... ce que nous avons déjà fait ! Nous devrons à nouveau changer d’emplacement, parce que celui que nous avons choisi ne dispose pas d’électricité ...

Nous cuisinons les produits achetés plus tôt : oignons, poivrons d’une curieuse couleur vert très pâle, tomates, spirelli de trois couleurs, et travers de porc. Le tout : très bon.